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Principes actifs · 3 min de lecture

Le Paracétamol : histoire, propriétés et usage pharmaceutique

C'est aujourd'hui l'antalgique le plus consommé au monde, inscrit sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS. Pourtant, le paracétamol a d'abord passé plusieurs décennies dans l'oubli avant de connaître une réhabilitation scientifique aussi tardive que spectaculaire.

Plaquettes de comprimés pharmaceutiques
Carte d'identité
Dénomination commune (DCI) Paracétamol (acétaminophène en Amérique du Nord)
Nom chimique N-(4-hydroxyphényl)acétamide
Formule brute C8H9NO2
Masse molaire 151,16 g/mol
Classe thérapeutique Antalgique et antipyrétique non opioïde
Aspect Poudre cristalline blanche, inodore, légèrement soluble dans l'eau

Introduction

Le paracétamol est aujourd'hui l'un des médicaments les plus consommés au monde et figure sur la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé. Antalgique et antipyrétique de référence, disponible sans ordonnance dans de nombreux pays, il occupe une place centrale dans le traitement de la douleur légère à modérée et de la fièvre.

Derrière cette banalité apparente se cache une histoire longue et sinueuse, faite d'une découverte précoce, d'un oubli de plusieurs décennies, puis d'une réhabilitation spectaculaire.

Origine et découverte

La molécule est synthétisée pour la première fois en 1877 par le chimiste américain Harmon Northrop Morse, à l'université Johns Hopkins, par réduction du para-nitrophénol dans l'acide acétique glacial. À l'époque, cette synthèse demeure une curiosité de laboratoire, sans application médicale immédiate.

En 1887, le pharmacologue Joseph von Mering teste le paracétamol chez l'humain, mais conclut — à tort — qu'il présente une toxicité rénale importante. Il lui préfère la phénacétine et l'acétanilide (commercialisée sous le nom d'« Antifébrine » dès 1886), deux composés apparentés qui domineront le marché des antipyrétiques pendant plus d'un demi-siècle. Le paracétamol tombe alors dans un oubli relatif.

Réhabilitation et développement

Le véritable tournant survient en 1948, lorsque les pharmacologues américains Bernard Brodie et Julius Axelrod démontrent que l'effet analgésique de l'acétanilide et de la phénacétine provient en réalité de leur métabolite actif commun : le paracétamol. Ils établissent également que la toxicité sanguine (méthémoglobinémie) autrefois imputée au paracétamol venait en fait des composés parents. La molécule est ainsi pleinement réhabilitée.

Le paracétamol est mis sur le marché aux États-Unis dès 1953 par Sterling-Winthrop (sous le nom Panadol), puis en 1955 par McNeil Laboratories sous la marque devenue mondialement célèbre : Tylenol. Au Royaume-Uni, il est commercialisé à partir de 1956 en comprimés dosés à 500 mg. Son usage n'a cessé de croître depuis.

Propriétés pharmacologiques et mécanisme d'action

Le paracétamol possède des propriétés antalgiques (contre la douleur) et antipyrétiques (contre la fièvre), mais une action anti-inflammatoire quasi nulle aux doses usuelles, ce qui le distingue nettement des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Son mécanisme d'action, longtemps débattu, reste partiellement élucidé. Il inhibe faiblement les cyclo-oxygénases (COX), principalement au niveau du système nerveux central plutôt qu'en périphérie, ce qui explique son action centrale sur la douleur et la fièvre sans effet anti-inflammatoire marqué et sans les effets indésirables digestifs des AINS. Un métabolite, l'AM404, agirait par ailleurs sur les systèmes endocannabinoïde et sérotoninergique ainsi que sur les récepteurs TRPV1.

Pharmacocinétique, sécurité et toxicité

Après administration orale, le paracétamol est rapidement absorbé et métabolisé par le foie, principalement par glucuronoconjugaison et sulfoconjugaison. Aux doses thérapeutiques, il est remarquablement bien toléré.

En cas de surdosage, une voie métabolique secondaire produit un métabolite hépatotoxique, la NAPQI (N-acétyl-p-benzoquinone imine), qui épuise les réserves de glutathion du foie et provoque une nécrose hépatique potentiellement mortelle. L'antidote de référence est la N-acétylcystéine, d'autant plus efficace qu'elle est administrée précocement. C'est cette marge de sécurité étroite en cas d'abus qui justifie les mises en garde strictes sur la dose maximale journalière (habituellement 3 à 4 g chez l'adulte).

Utilisation dans le domaine pharmaceutique

Le paracétamol se décline sous de très nombreuses formes galéniques : comprimés (classiques, effervescents, pelliculés, orodispersibles), gélules, sirops et solutions buvables pédiatriques, suppositoires, et formes injectables intraveineuses hospitalières.

Sur le plan de la formulation, c'est un principe actif fortement dosé (souvent 500 mg par comprimé) et réputé pour sa mauvaise aptitude à la compression : il forme difficilement des comprimés résistants sans additifs. Sa mise en forme requiert donc des excipients adaptés — liants, diluants à compression directe (comme la cellulose microcristalline ou le lactose), agents désintégrants et lubrifiants. Il est fréquemment associé à d'autres principes actifs : caféine, codéine, tramadol ou vitamine C. C'est précisément sur ce type de principes actifs à forte volumétrie que s'appuie notre offre de sourcing de principes actifs, pour accompagner les industriels dans leurs approvisionnements.

En savoir plus

Avertissement — Document rédigé à titre informatif et documentaire. Ne remplace pas les monographies des pharmacopées officielles ni un avis médical ou pharmaceutique.

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