Une vitamine essentielle et antioxydante
La vitamine C, ou acide ascorbique, est une vitamine hydrosoluble indispensable à l'organisme humain. C'est un antioxydant majeur et un cofacteur de nombreuses réactions enzymatiques.
Elle est associée depuis des siècles à la prévention du scorbut. Son histoire illustre de façon exemplaire le cheminement de la médecine : de l'observation empirique d'une maladie de carence jusqu'à l'identification, l'isolement et la synthèse industrielle d'une molécule précise.
Du scorbut à la découverte de la molécule
L'histoire de l'acide ascorbique est indissociable de celle du scorbut, une maladie de carence qui décima les équipages des grandes expéditions maritimes. En 1747, le médecin écossais James Lind mène à bord du HMS Salisbury l'un des premiers essais cliniques contrôlés de l'histoire : il démontre que les agrumes guérissent le scorbut. Ses résultats, publiés en 1753, conduiront tardivement à la distribution de jus de citron dans la Royal Navy.
Il faut attendre le XXe siècle pour identifier la molécule responsable. En 1907, les chercheurs norvégiens Axel Holst et Theodor Frølich mettent au point un modèle animal du scorbut chez le cobaye, un animal qui, comme l'humain, ne sait pas synthétiser la vitamine C. Entre 1928 et 1932, le biochimiste hongrois Albert Szent-Györgyi isole une substance qu'il nomme d'abord « acide hexuronique », d'abord à partir des glandes surrénales puis du paprika, tandis que Charles Glen King, aux États-Unis, établit qu'il s'agit du facteur antiscorbutique.
L'élucidation de la structure et la synthèse industrielle
En 1933, le chimiste britannique Walter Norman Haworth détermine la structure de la molécule et propose le nom d'acide ascorbique, littéralement « anti-scorbut ». La même année, Tadeus Reichstein met au point une voie de synthèse industrielle, le procédé Reichstein, qui rendra la vitamine C accessible à grande échelle et à faible coût.
Ces travaux sont couronnés par deux prix Nobel en 1937 : celui de médecine pour Szent-Györgyi et celui de chimie pour Haworth.
Le rôle biologique de la vitamine C
L'acide ascorbique est un cofacteur enzymatique essentiel, notamment pour les hydroxylases impliquées dans la synthèse du collagène (hydroxylation de la proline et de la lysine). Cela explique les manifestations du scorbut : fragilité des vaisseaux, hémorragies, mauvaise cicatrisation, déchaussement des dents.
C'est également un puissant antioxydant, capable de piéger les radicaux libres et de régénérer d'autres antioxydants comme la vitamine E. Il intervient aussi dans l'absorption du fer et le métabolisme de plusieurs neurotransmetteurs.
Fait notable, l'être humain fait partie des rares mammifères incapables de synthétiser la vitamine C, faute d'une enzyme fonctionnelle, la L-gulonolactone oxydase. L'apport alimentaire ou médicamenteux est donc strictement indispensable.
Comme principe actif : traiter et prévenir la carence
Il est utilisé pour prévenir et traiter la carence en vitamine C (le scorbut), en supplémentation lors des états de fatigue ou de convalescence, et dans de nombreuses spécialités grand public.
Ses formes galéniques privilégient les comprimés effervescents, les comprimés à croquer et les solutions buvables, du fait de son excellente solubilité et de sa saveur acidulée.
Comme excipient : antioxydant et acidifiant
Il sert d'antioxydant pour protéger d'autres principes actifs sensibles à l'oxydation, et d'acidifiant dans les formes effervescentes, où il réagit avec les bicarbonates pour dégager le dioxyde de carbone responsable de l'effervescence.
Les contraintes de formulation
Sa principale difficulté est sa sensibilité à l'humidité, à la lumière, à la chaleur et à l'oxygène, qui impose un conditionnement protecteur (blisters, dessiccants) et parfois l'emploi de formes enrobées ou tamponnées pour préserver sa stabilité au cours du temps.